Salut à tous ! Je viens de retrouver ce blog, je l’ai parcouru à nouveau et j’ai décidé d’y apporter ma touche personnelle. Le thème d’aujourd’hui : hypokhâgne.

« Hypo…quoi ? » HYPOKHÂGNE ! C’est le nom que l'on donne aux classes préparatoires littéraires. C’est au sein de ces classes que l'on prépare les concours d'entrée aux grandes écoles (journalisme, traduction, ENS…).

Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que j’étais cette année en hypokhâgne et j’ai envie de vous raconter un peu cette expérience.


Tout d’abord, l’entrée en hypokhâgne ne doit pas être une lubie, il faut bien réfléchir avant de s’engager. Parce que lorsque l'on commence une année de prépa littéraire, on entre dans un monde à part. Finies les heures passées à glander sur MSN ou les sorties entre amis. Désormais, la majeure partie du temps sera consacrée à la préparation des khôlles, à la rédaction de dissertations et aux devoirs.

 

Contrairement aux bonnes notes de terminale et aux compliments des profs du lycée, il faut apprendre à récolter des 0, des 2, des 10 (et là, c’est une bonne note !). Finis les encouragements. En hypokhâgne, on ne reçoit plus que des réflexions froides et des jugements sévères (le prof de lettres nous a, par exemple, dit un jour « Allez vous faire foutre, vous me faites chier »). Les profs répètent sans cesse aux étudiants qu’il faut travailler plus. Ils leur répètent qu’ils sont nuls, discours paradoxal par rapport à ce qui avait était énoncé par la Proviseur le jour de la rentrée : « Vous êtes l'élite de la nation. »


Les élèves, parlons en ! La classe est composée majoritairement de filles (chez nous, c’était 45 filles pour 5 garçons). Il y a pas mal de rivalité pour tenter d’obtenir la meilleure note. L’entre aide est plutôt rare, c’est chacun pour soi. On s'aperçoit vite que les élèves sont là pour réussir et qu’ils sont prêts à tout pour ce faire (même à se coucher à 3h du mat pour finir une dissert d’histoire !).

Les premières semaines sont les plus difficiles, car dès le jour de la rentrée, il faut commencer à retenir 500 mots de vocabulaire en anglais pour la fois suivante. Il faut s’accrocher. Les profs font tout pour éliminer les plus faibles. On pourrait comparer ça à la Star Ac', sauf que c’est beaucoup moins marrant. Il faut apprendre à travailler vite et avec méthode, afin ne pas perdre de temps.


Si vous avez lu le début de l’article avec attention, vous avez du rencontrer le mot « khôlle » sans savoir de quoi il s’agissait. Alors une petite explication s'impose : c’est une interrogation orale individuelle. Les élèves ont une khôlle (ou colle) par trimestre et par matière.


Un élève en hypokhâgne a environ 25h de cours par semaine. A première vue, ça fait moins de boulot qu’un élève de terminale, mais en réalité ce n’est pas le cas. Voici comment se déroule une journée en hypokhâgne : on se réveille vers 6h30 pour commencer les cours à 7h30. Les cours durent jusqu’à 11h30 avec une pause de 15 minutes à 9h30. On mange (souvent à la cantine), puis on travaille une heure pendant la récré du midi. On reprend les cours à 13h30 pour finir à 17h30. A 20h on recommence à bosser pour se coucher à 23h (voire pire). Et lorsqu’on a des heures de libre entre deux cours, pas question de chômer ! Direction le CDI ou la BU, pour travailler encore et encore...


Les cours sont plutôt intéressants, mais enseignés très rapidement, et il faut se concentrer pour prendre des notes et travailler efficacement.

En lettres, on étudie de la poésie, du théâtre et des romans (Rimbaud, Sartre, Flaubert etc.)

Au programme en histoire : la Grèce Antique, la Rome Antique, le Moyen Age.

En géographie, la France sous tous ses aspects (politique, histoire, géographique, économie, relations internationales... ).

En philosophie, ne me demandez pas, j'avoue que je n'ai pas réussi à suivre !

En anglais : vocabulaire (500 mots par semaine, donc), grammaire, phonétique, littérature (Dickens entre autres), civilisation et version.

En allemand : vocabulaire, littérature, grammaire et version.

Sont également enseignés le latin et le grec. Pour les élèves désirant préparer le concours d’entrée à Sciences Po, il existe un cours de culture générale.


J’espère ne pas vous avoir trop découragés avec cette description de la prépa littéraire. Bien entendu, il y a aussi les bons côtés : les élèves sont moins nombreux qu’à la fac, les profs ont donc plus de temps à consacrer à chacun. Les étudiants acquièrent une bonne méthode de travail et travaillent avec plus d’efficacité qu’à la fac. Enfin, les cours permettent de développe la culture générale de tout le monde. Il reste aussi des moments mémorables, comme le jour où l'on a du postilloner devant toute la classe en cours de phonétique, à tenter de prononcer le "the" anglais. Et une chose est sûre, à la fin de l’année, les plus timides n’auront plus peur d’ouvrir la bouche !